LE POINT
SUR LE ZODIAQUE - 8
©Marie Delclos Ayanamsa N° 17 Juin 2000.
allèrent puiser leurs connaissances auprès
des Egyptiens et des Chaldéens ils ne reçurent pas pour autant
tous les secrets car on sait d'après les textes qu'ils étaient
réservés aux Grands Prêtres.
Ainsi Eudoxe, né en Asie mineure (408 -355 avant J.C.) plaçait
les colures au milieu des signes Cancer Capricone Bélier et Balance (à
15° de ces signes) ce qui était le cas au milieu de l'ère du Bélier
soit environ 600 ans avant lui.
Peu de temps après, Aristote lors de la conquête de Babylone par
Alexandre (331 avant J.C.) se fait envoyer par son neveu Callisthène
le relevé des observations faites à Babylone par les astronomes
chaldéens depuis les temps les plus reculés (en fait environ 2000
ans d'archives).
Aristote comprend-il alors grâce à ces documents non seulement
le déplacement des fixes mais surtout la cause de ce déplacement
? Nul ne le sait. Il écrit dans son ouvrage "Du Ciel" que, d'après
les Anciens, les astres tournent sur eux-mêmes en toupillonnant, que la
Lune tourne sur elle-même mais s'empresse aussitôt d'ajouter que
c'est absurde, car d'une part si les astres tournaient ce serait le chaos et
que d'abord la Lune ne peut pas tourner sur elle même puisqu'elle n'a
pas d'organe de mouvement !
Aristote n'était sûrement pas stupide. Plus probablement prudent
depuis la lettre de reproches que lui avait envoyé Alexandre: "Alexandre
à
Aristote salut ! Tu n'as pas bien fait d'avoir
publié tes livres des
sciences spéculatives
pour autant que nous n'aurons rien par dessus les autres, si ce que tu nous
a enseigné en secret vient à être publié et communiqué
à tous et je veux bien que tu saches que j'aimerais mieux surmonter les
autres en intelligence des choses hautes et très bonnes que non pas en
puissance. Adieu". On sait aussi que le très susceptible Alexandre fit
justement exécuter Callisthène parce qu'il avait refusé
de se prosterner devant lui. En
Seconde colonne
tous cas c'est le prétexte qu'il donna...
De la même manière, quelques 2000 ans plus tard, un nommé
Morin de Villefranche transmit des connaissances précieuses sur les grands
cycles de l'univers tout en s'empressant d'expliquer que c'était évidemment
absurde puisque dans ce cas le monde aurait plus de 20.000 ans d'existence.
Cette fois c'était la crainte de l'Eglise qui jouait...
On peut d'ailleurs aussi expliquer par cette crainte les incohérences
de Morin écrivant d'un côté que du fait de la précession
les données des anciens n'étaient plus valables et de l'autre
qu'il fallait utiliser le zodiaque tropique. Or Morin, tout comme Aristote,
n'était idiot.
En tous cas Aristote dût s'expliquer auprès d'Alexandre. Il lui
écrivit que "ces livres (auxquels faisait allusion Alexandre) n'étaient
ni publiés ni à publier ou que ce qu'il en avait publié
n'était intelligible que pour ceux qui étaient déjà
savants et instruits d'avance par lui même" (lettre d'Aristote à
Alexandre citée par Plutarque). On retrouve à nouveau la notion
de secret.
Après la mort d'Alexandre, on sait que Bérose, prêtre astrologue
à Babylone, créa une école d'astrologie dans l'île
de Cos sous Antiochus Soter (281 -261 av J.C.) et commença à écrire
ses Babyloniaca vers 280 avant J.C.
Dans ses Babyloniaca il donne la liste des rois d'avant le déluge liste,
qui fait référence de façon plus ou moins codée
au cycle précessionnel.
Après quoi il faut attendre un siècle pour
qu'Hipparque redécouvre la précession des
équinoxes...après un long séjour à Alexandrie
où il effectua des recherches au sein de la célèbre bibliothèque,
suivi d'un séjour à Babylone.
Si avant Hipparque certains, parmi les Grecs, avaient eu connaissance du phénomène
de la précession des équinoxes, rien n'en a vraiment filtré.
Le
Troisième colonne
secret était bien gardé,
et ce pour toutes sortes de raisons. La première et sans doute la principale
est la notion de secret que l'on trouve tout au long de l'antiquité.
La seconde est l'opposition des prêtres d'Athènes qui s'indignaient
à l'idée que les astres puissent être de vulgaires cailloux
ou de vulgaires boules de feu. Sans oublier que certains personnages utilisaient
l'argumentation religieuse pour combattre des hommes en vue qui s'intéressaient
à l'astronomie.
C'est pourquoi si les Grecs de l'époque ionienne possédaient certaines
connaissances acquises (ou retrouvées) auprès des Egyptiens et
des Chaldéens, ces connaissances, dès le V° siècle avant
J.C. furent perdues en raison de divers décrets interdisant l'étude
de l'astronomie. Rappelons le décret qui fut voté sur les instances
de Diopeithès afin de porter atteinte à Périclès
ami et disciple d'Anaxagore. Ce dernier fut d'ailleurs condamné à
mort et sauvé par Périclès. Mais il dût quand même
quitter Athènes. Or Anaxagore enseignait que le ciel tout entier était
fait de pierres et qu'un vif mouvement de rotation les retenait liés.
Mais ce fut surtout pour avoir dit que le Soleil était une masse incandescente
qu'il fut accusé d'impiété.
Il ne fut pas le seul à être ainsi inquiété. Il en
résultat chez les Grecs et les Latins une suite incohérente concernant
la position des astres et celle des points équinoxiaux et solsticiaux
qui furent notés dans les Parapegma (noms grecs des anciens
calendriers) ainsi que dans les descriptions successives des sphères
célestes.
Dans ces anciens calendriers en effet on plaçait les
points cardinaux dans les différents degrés
des signes. Le plus ancien de ces calendriers place ces points au 15° des
constellations concernés par les solstices et les équinoxes,
ce qui était peut être vrai à l'époque, mais par
la suite dans les autres on les trouve aux mêmes
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