LE POINT
SUR LE ZODIAQUE - 7
©Marie Delclos Ayanamsa N° 17 Juin 2000.
les cercles en douze de toutes les façons possibles
(les douze signes, les douze dodécatémories et les douze heures
doubles à l'origine des Maisons).
Ces douze divisions par rapport à la croix des équinoxes et des
solstices n'avaient cependant rien avoir avec les signes. Elles se nommaient
non pas signes mais "dodécatémories", comme on l'a vu plus
haut, terme qui nous est rapporté par Ptolémée dans son
Almageste.
Dodécatémorie est un mot qui signifie tout simplement
"douzième de cercle".
Ces dodécatémories ne portaient donc pas les noms des signes
mais étaient numérotées, soit par des chiffres, soit par
des lettres qui servaient de repère et ce numérotage
commençait soit au printemps, soit au solstice d'hiver, soit à
l'équinoxe de printemps, soit au solstice d'été. Cela dépendait
du point de vue envisagé.
Par exemple les Perses désignaient successivement les signes par les
lettres de l'alphabet la lettre A (on sait qu'on a longtemps utilisé
les
lettres de
l'alphabet pour désigner
les nombres) désigne le Taureau du temps où cette constellation
marquait l'équinoxe vernal et B les Gémeaux et ainsi de suite.
Or justement Ptolémée, dans son Almageste, reprochait à
ses contemporains de confondre signes et dodécatémories et d'attribuer
par abus les significations des signes aux dodécatémories. J'ai
cité ce passage de l'Almageste à plusieurs reprises mais pour
ceux qui n'en ont pas encore pris connaissance je redonne à nouveau l'extrait,
puisque le livre de Ptolémée n'étant toujours pas réédité,
on ne lit que le Tetrabible, qui est, comme l'on sait, fort embrouillé.
Mais ce n'est pas tout: certains prétendent que les anciens ne pouvaient
placer correctement le point vernal.
Ce qui est parfaitement faux. Les observations parvenues jusqu'à nous
sur
Seconde colonne
les tablettes mésopotamiennes montrent que les astronomes
notaient les positions des astres aux équinoxes. De nombreuses tablettes
font état du jour de l'équinoxe de printemps. Par exemple "le
sixième jour du mois de nisannu le jour et la nuit ont été
égaux, 6 heures le jour 6 heures la nuit. Que Nabu et Marduk soient proches
du roi mon seigneur". Mieux encore le nombre 33 était sacré et
placé dans tous les mythes solaires transmettant ainsi à travers
les siècles l'important cycle de 33 ans au bout duquel le soleil se retrouve
à la même heure au même degré par rapport au point
vernal.
CONNAISSANCE ET MECONNAISSANCE DU DECALAGE
PRECESSIONNEL
Connaissance :
La Terre oscille sur son axe comme une toupie, et elle n'est pas la seule.
Comme le disaient les anciens: "les astres toupillonnent".
Comme donc la Terre toupillonne, le pôle Nord se déplace tout autour
du
pôle écliptique entouré de la constellation
du Dragon nommée antérieurement le Serpent entre les Ourses, et
représentée anciennement par des spires. Le pôle Sud fait
évidemment de même à l'opposé sur la sphère
céleste et l'axe des pôles en se déplaçant entraîne
l'oscillation de l'équateur, le déplacement des points équinoxiaux
et solsticiaux et avec eux des colures, le tout à travers les étoiles
immobiles de la sphère céleste.
Ce faisant, le pôle nord trace une spire autour du pôle écliptique
le long du Serpent entre les Ourses pointant successivement sur Vega, Tau d'Hercule,
Thuban du Dragon, Kochab, notre polaire au bout de la queue de la petite Ourse,
gamma de Céphée, alpha de Céphée et Deneb (alpha
du Cygne).
Grâce aux anciennes descriptions des
Troisième colonne
colures par rapport aux étoiles,
grâce à l'orientation des monuments, grâce aux marques laissées
intentionnellement sur les plafonds peints ou sculptés, nous pouvons
remonter le temps et savoir à quelles époques les diverses descriptions
de la sphère céleste ornée de ses cercles mobiles ont pu
correspondre. On les
fait ainsi remonter au minimum au XII°
siècle avant notre ère au maximum au début du quatrième
millénaire avant notre ère et l'on constate que l'on savait déplacer
l'armature mobile sur la sphère des fixes au fur et à mesure du
décalage précessionnel.
Méconnaissance :
Si les Chaldéens (nom donné à la caste des astrologues
de Mésopotamie) savaient positionner successivement les colures sur la
sphère des fixes, on sait qu'à l'inverse certains Grecs recopiaient
à l'infini la description de ces sphères et de leurs colures sans
se soucier de la date à laquelle elles avaient été tracées,
et donc sans tenir compte des changements astronomiques dus à la précession
des équinoxes.
C'est ainsi que les diverses descriptions de la sphère céleste
par rapport à l'Equateur céleste, par
rapport
aux colures et aux points équinoxiaux et solsticiaux,
furent
recopiées interminablement bien que remontant à 1000 voire 1200
avant J.C selon les calculs de nos astronomes.
D'après Strabon (I° siècle avant notre ère) les Grecs ne
savaient pas grand chose:
"Les Grecs ont ignoré la durée vraie de l'année et bien
d'autres faits de même nature jusqu'à ce que des traductions en
langue grecque des Mémoires des prêtres égyptiens aient
répandu ces notions parmi les astronomes modernes qui ont continué
jusqu'à présent à puiser largement dans cette même
source comme dans les écrits et observations des Chaldéens". On
peut ajouter que s'ils
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