LE
POINT SUR LE ZODIAQUE - 6
©Marie Delclos Ayanamsa N° 17 Juin 2000.
Bien que les constellations qui leur servent de repères
visuels soient inégales (et aient varié quelque peu suivant les
lieux et les époques, en fonction de l'imagination des auteurs et en
fonction surtout de l'environnement mais le symbolisme restait le même)
les douze signes de ce zodiaque étaient égaux, comme le prouve
le texte babylonien de l'Enuma Elish.
L'origine de ce zodiaque se perd dans la nuit des temps, mais on en retrouve
les premières traces historiques à Babylone. Par exemple on trouve
dans la bibliothèque d'Assurbanipal (dont les archives remontent à
2800 avant notre ère) sur des tablettes datant de 1900 ou 2000 avant
notre ère un chapitre d'astrologie intitulé "Les douze étoiles
gouvernées par le dieu Marduk pendant les douze mois de
l'année". mais le reste de la traduction est encore à venir
et en tous cas n'est pas édité.
Pour avoir des descriptions astrologiques de ces signes il nous
faut consulter les textes grecs et latins
.
On sait aussi que ces significations attribuées par les anciens astrologues
aux douze "animaux", ou images stellaires du zodiaque, furent d'abord transférées
purement et simplement au zodiaque tropique, puis, peu à peu (en raison
sans doute de cet abus) par-dessus le marché, plus ou moins altérées,
si bien qu'il ne suffit même plus de décaler le zodiaque pour s'y
retrouver. Il est nécessaire de se reporter de temps en temps aux textes
anciens comme par exemple à celui de Manilius.Le plus extraordinaire
n'est pas que la plupart des tropicalistes, tout en ne mettant pas en doute
l'antériorité du zodiaque sidéral, transposent les significations
données par les anciens aux signes étoilés aux signes tropiques
(et on l'a vu plus haut on peut le comprendre); mais qu'ils n'ont pas l'air
d'être gênés lorsqu'ils parlent des changements d'ère.
Or là, ils attribuent aux signes étoilés les
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mêmes significations qu'aux signes tropiques. C'est
cela qui me paraît le plus incohérent.
Comme le faisait remarquer en 1985 Jean Dethier, auteur de l'Astrologie de l'Inde,
dans la revue l'Inconnu:
"Tout ce qui découle du passage de l'équinoxe
dans un signe précessionnel doit correspondre analogiquement aux caractères
de ce signe précessionnel. Or il se fait que ces caractères généraux
sont justement les mêmes que ceux que l'astrologie occidentale prête
aux signes mobiles (l'auteur veut parler des signes tropiques)".
Notons au passage que cet auteur qualifie le zodiaque tropique de mobile et
de fixe le zodiaque sidéral. C'est évidemment une question de
point de vue, comme on l'a vu plus haut, à propos de la sphère
céleste et de sa double armature.
Je pense, pour ma part, qu'en astrologie, puisqu'il s'agit de mouvements apparents,
et que l'on
considère la Terre fixe et le Ciel en
mouvement, tournant autour d'elle, de la même manière si l'on
veut être
cohérent, le zodiaque tropique
doit être considéré comme fixe (les repères placés
sur le sol terrestre sont bien fixes) et le zodiaque sidéral doit être
considéré comme en mouvement, glissant le long des points équinoxiaux
et solsticiaux et remplissant successivement les différentes cases du
zodiaque tropique, de la même manière que les étoiles et
les planètes remplissent successivement les cases de la roue des Maisons.
LE ZODIAQUE TROPIQUE
Le cercle des dodécatémories aujourd'hui
zodiaque des saisons ou zodiaque tropique (Zt).
Ce zodiaque, comme chacun sait, est basé sur les saisons
et structuré sur la croix formé par l'axe des solstices et l'axe
des équinoxes. C'est celui que tout le monde connaît. C'est celui
qui est
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popularisé par les horoscopes des
journaux. Il est déjà présent dans l'Enuma elish (Ee),
Marduk posant des verrous à droite et à gauche du zodiaque c'est
à dire en haut et en bas sur les points solsticiaux, la sphère
céleste étant vue face à gamma prime, la gauche étant
donc le Nord et la droite le Sud. Quant aux points équinoxiaux les tablettes
regorgent de textes mentionnant les deux moments de l'année où
le jour est égal à la nuit.
La dénomination de zodiaque tropique (Zt), donné au zodiaque des
saisons pour le distinguer du zodiaque sidéral est une dénomination
moderne, mais elle reprend les termes antiques de "tropiques" donnés
aux signes sidéraux où se trouvaient les points solsticiaux et
à ces deux signes seulement.
En effet lorsque le Soleil arrive à son point le plus haut, ou le plus
au Nord au solstice d'été (pour l'hémisphère
nord), il semble amorcer un "tournant" "tropikos" (en grec) vers le bas
pour descendre le
long du
zodiaque vers
son point le plus bas.
A l'inverse, arrivé à
son point le plus bas, au solstice d'hiver, il tourne à nouveau pour
remonter.
D'où le nom de cercles tropiques donnés aux deux cercles de la
sphère céleste à la latitude des points solsticiaux.
Si bien qu'aujourd'hui on parle du zodiaque sidéral "Zs" et du zodiaque
tropique "Zt" pour les distinguer.
Le zodiaque tropique était connu
des anciens astrologues astronomes.
Non seulement les anciens astrologues astronomes connaissaient parfaitement
la route montante et descendante du soleil et des planètes sur le zodiaque,
mais ils avaient également découpé cette route en douze
par rapport à la croix des solstices et des équinoxes.
Ce qui a fait dire à l'écrivain romain Hyginus, bibliothécaire
d'Auguste, que les anciens avaient la manie de diviser tous
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