LE POINT SUR LE ZODIAQUE - 5
©Marie Delclos A
yanamsa N° 17 Juin 2000.

Navigation :  Revenir au site de la FAS 
Revenir au sommaire "Articles"   Télécharger l'article
http: www.ifrance.com/FAS/

Ce nombre 108 se trouvait chez les Egyptiens symbolisé par les 108 génies qui dirigeaient les tiers des décans (ces 108 ressurgiront sur le tympan de Vézelay sous la forme des 54 palmettes du demi cercle encadrant la partie supérieure du monde).
Zodiaque est un mot grec qui vient de zoon la vie et de diakos la roue. Il signifie donc la roue des vivants. En latin il s'écrit zodiacus.
Hyginus à l'époque du Christ le nomme ainsi. Il précise que les Grecs le nommaient aussi "Loxos", "l'Incliné". Manilius à la même époque n'utilise pas le mot zodiaque mais parle du "Cercle des signes", "Signorum Circulus" et décrit les signes par les constellations. Ces constellations formées par les étoiles proches de l'écliptique et qui se nomment Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau et Poissons.
Ce chemin sur lequel circulaient outre le Soleil et la Lune, les autres astres errants (nos planètes), était donc divisé en douze parties: d'une part par rapport aux étoiles et à la Voie Lactée et d'autre part par rapport aux points équinoxiaux et solsticiaux et en 360 degrés les daragu ou dargatu. L'Equateur céleste était lui aussi divisé en douze parties qui se nommaient gagar ou qaqqar. Mais la dénomination de signes était réservée aux douze divisions architecturées sur les étoiles et la Voie Lactée, tandis que les douze divisions structurées sur la croix des solstices et des équinoxes se nommaient dodécatémories c'est à dire "douzièmes" sans plus de précision. Ce terme de dodécatémories s'appliquaient d'ailleurs à tous les douzièmes de n'importe quelle partie d'un tout, ce qui ne simplifie pas la tâche des historiens. En effet "dodécatémories" désignent également les douze parties d'un signe étoilé, comme l'atteste le texte de Manilius. Il ne s'agit là toutefois que d'une simplification car au départ elles se nommaient "dodécaté -

Seconde colonne

mories de dodécatémories". Une fois cette appellation simplifiée en "dodécatémories" sans autre détermination, seul le contexte indiquait de quelles divisions il s'agissait.

Les signes: "images" ou "figures" du ciel ou "configurations fixées".
Le mot "signe" ne concernait donc que les étoiles ou les groupes d'étoiles autrement dit les constellations. Les signes désignaient les "figures" ou "images du ciel" qui permettaient de s'y retrouver parmi les 1022 étoiles considérées comme "visibles à l'œil nu" (ce qui sous entendait donc que l'on pouvait observer le ciel autrement qu'à l'œil nu...).
Cette attribution du mot signe aux repères stellaires est clairement expliquée par A. le Boeuffle dans l'un de ses ouvrages érudits: "Les noms latins d'Astres et de Constellations" paru aux Belles Lettres en 1977.
"Dans le domaine astronomique il (le mot signe) sert à désigner les astres et les constellations en tant qu'ils sont les "signes" présumés de phénomènes terrestres ou atmosphériques et d'événements de la vie humaine. Signum est alors l'exact équivalent des mots grecs "séma" ou "semeion" avec le sens de "marque", "point de repère" utilisé dans le sens de figure, image". Bref il désigne d'abord un groupe d'étoiles.
"Signum concerne donc d'ordinaire au singulier une constellation et plus spécialement une constellation zodiacale" . "Signum est l'équivalent sémantique du grec Zodion terme qui est un diminutif de Zoon et désignait à l'origine une figurine aussi bien humaine qu'animale".Plus intéressant encore A. Le Boeuffle fait remarquer que les exemples de signum, constellation zodiacale, sont fréquents à partir du I° siècle avant notre ère et le seront de plus en plus en liaison avec le développement de l'astrologie dans la

Troisième colonne
civilisation romaine. Autrement dit pour les Grecs et les Romains il n'y avait aucune ambiguïté sur le sens de ce mot.
Par exemple Pline l'Ancien parle du Ciel qui se nomme ainsi en raison de son étymologie "caelatum", mot qui signifie "ciselé", à cause notamment du cercle qui se divise en "douze figures d'êtres animés" ("Adiuuat rerum ordo discripto circulo qui signifer uocatur in duodecim animalium effigies").
Le mot signe en tant que constellation zodiacale fut ainsi utilisé par Cicéron, Aratos, Varron, Virgile, Vitruve, Nigidus Figulus, Columelle, Firmicus, Macrobe, Hyginus, Manilius, Germanicus, Pline, Censorinus et Martianus Capella.
Par ailleurs nous savons que le mot signum ou semeion était en fait la transposition des mots "Gishur" en sumérien et "Usurtu" en akkadien mot qui vient du verbe "Eseru" qui signifie dessiner, représenter. Gishur ou Usurtu représentaient donc un signe sidéral, une image constellée, puisqu'ils signifiaient "dessin" ou encore "tableau" ou "image".Tablette Babylonienne
Il est bien évident que seules les étoiles reliées entre elles par l'imagination forment des "images" mot d'ailleurs qui sera repris et utilisé jusqu'à la Renaissance.

Page suivante        Page précédente