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Si on ne conteste plus guère aujourd'hui l'influence
de l'astrologie grecque sur certains secteurs de l'astrologie indienne, pas
davantage n'est - il douteux qu'un des plus grands astrologues arabes, Al
Biruni (dont l'œuvre essentielle pour l'astrologie, le Tafim, est de 1029),
ayant voyagé en Inde, rapporta des descriptions détaillées des traits les
plus frappants de l'astrologie indienne. Par la suite, au XVIIIe siècle, les
études consacrées à l'Inde se multiplièrent et purent provoquer l'essor de
nouvelles idées au sein de l'astrologie occidentale.
Nous étudierons successivement l'influence de l'astrologie grecque sur le
développement de l'astrologie indienne puis l'impact de la dite astrologie
indienne sur l'astrologie d'obédience ptoléméenne Le
Brihat Jataka (Le Grand Traité de l'Astrologie) de Varahamihira.
Place du Brihat Jataka
Le Grand Traité des Nativités (ndlr : jâtaka signifie "né, engendré")
date du VIe siècle de notre ère, son auteur Varahamihira ayant vécu approximativement
entre 505 et 587 après J.C. Cette œuvre se présente sous la forme de stances
qui sont des suites d'aphorismes, à la façon du Centiloque pseudo-ptoléméen.
Le Brihat Jataka n'est pas une œuvre de vulgarisation à la manière des manuels
modernes d'astrologie hindoue qui s'efforcent d'élaguer tout ce qui pourrait
choquer le lecteur occidental. C'est bel et bien un échantillon particulièrement
pittoresque d'une astrologie en quête d'absolu qui prétend faire pénétrer
dans ses filets la totalité des phénomènes et des événements selon une cohérence
analogique qui nous parvient ici à l'état pur et dont les traités plus tardifs
ne sont finalement que les pâles reflets.
Vie de Varaha Mihira
Voilà ce qu'écrit R. Billard de notre
Troisième colonne
auteur :
"Outre l'ouvrage astronomique, le Pancasiddhântika, (ndlr. Siddahânta
: théorie. Désigne le calcul du temps et de l'espace) il est l'auteur célèbre
d'ouvrages astrologiques qui n'ont cessé de faire autorité: la Brihatsamhita,
la Brihatajataka, le Khagujataka et le Yogayotra."
"Il mentionne qu'originaire d'un bourg appelé Koppithaka, il fut instruit
en astronomie et en astrologie par son père nommé Adityadasa et résidait dans
l'Avanti ou région d'Ujjayin, du moins lorsqu'il écrivit la Brihatjataka."
"Surtout ; Varaha Mihira est de la religion solaire. Au point que cet auteur
présente un nom qui comporte le nom iranien du soleil, Mihira (vieux perse
: Mithra) (ndlr Mihira signifie soleil en sanskrit) , fait tout à fait insolite
dans la librairie sanskrite.
"En tête de ses ouvrages, il invoque le soleil et le nom de son père doit
être traduit : Adityadasa «serviteur du soleil»."
"On sait que le culte solaire était prospère en Inde en ces siècles. Rappelons
que justement à la fin du VIe siècle, le roi Prabhakaravardhana, père de Harsa,
est un dévot du soleil, adityabhakta, et signalons que son astrologue est
lui - même un bhojaka, c'est à dire un officiant de danse du soleil".
Ce que l'on connaît de la vie -voire de l'œuvre- de Varaha Mihira- est dû
au zèle de son commentateur Bhattotpala. Neugebauer et David Pingree, deux
historiens qui ont fait beaucoup pour l'édition des textes astrologiques anciens,
cernent avec une certaine précision les dates de sa vie.
Sa date (de naissance) est délimitée de par l'usage qu'il fait de l'époque
de Latadeva -420e de l'ère de Saka-, qui correspond à 505, dans son Pancasiddhantika
et que Brahmagupta connaissait son œuvre quand il rédigea
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