Les origines de Jyotish selon la Tradition
©Marie Delclos
Ayanamsa N° 18 Juin 2000.

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Tout d'abord, comme le fait remarquer le pandit et brahmane (personne appartenant à la caste sacerdotale et qui se doit d'être sur cette terre un reflet du Brahman) Vishwanath Shastri, dans son ouvrage Jyotish L'Astrologie de l'Inde, volume I, Fondements philosophiques et techniques, l'Inde résiste au scalpel de l'historien, d'autant que les anciens Indiens se situaient "dans la perspective d'ères cycliques de plusieurs milliers d'années et se souciaient peu des chroniques de leurs rois ou d'événements limités dans le temps".   Ceci dit ajoute ce pandit, Jyotish, l'astrologie hindoue, est aussi ancienne que la civilisation indienne. Dans les védas, ajoute-t-il, les textes fondateurs de la tradition, 400.000 vers lui sont consacrés. Et Jyotish, dont le rôle en Inde a toujours été essentiel, est le ciment qui a permis le maintien de la culture indienne. "Car Jyotish, mot qui désigne l'astrologie hindoue, est issu de jyoti qui signifie « lumière , éclat »" car "Jyotish éclaire les ténèbres de l'ignorance et permet de voir au delà des apparences."
Mais que sont les védas ? On désigne sous le nom de véda, le savoir par excellence, la connaissance sacrée. Les textes des védas reposent en effet sur une audition, c'est à dire une révélation : ils émanent de Brahman qui les a expirés et les grands Rishis du passé les ont reçus par une vision directe. Ces textes comprennent les samhitas, "collections" ; les brahmanas, "commentaires  brahmaniques " ; les aryanakas et les upanishads, "commentaires ésotériques des brahmanas". Puis les vedângas qui termine les vedas proprement dits.
Voici donc selon la tradition l'histoire de l'astrologie hindoue.
L'astrologie a été enseignée par les dieux Dans toutes les grandes civilisations du passé, la connaissance est d'abord enseignée par les dieux. Manilius

Seconde colonne

racontait que l'astrologie avait été enseignée par Hermès. Dans les écrits inter testamentaires, comme par exemple dans le livre d'Hénoch, il est dit qu'elle a été enseignée par les "Veilleurs". En Egypte c'est Toth et Sefket. En Mésopotamie, en 2600 avant J.C., Gudea prince de Lagash se fait indiquer l'étoile, sous laquelle il doit fonder le temple, par la déesse Nisaba, sœur de Nina, devineresse des dieux.
En Inde c'est Brahmâ qui perçoit les mantras exhalés par le souffle du Brahman et il les communique aux prajapatis, créatures issues de son énergie mentale. Les prajapatis à leur tour les transmettent à leurs disciples et ainsi la langue des origines fut conservée au fil des générations. Mais elles étaient non humaines. Finalement des rishis (des sages) après une longe méditation eurent la révélation de certains de ces mantras. Ils en comprirent la valeur et les utilisations qui pouvaient en être faites. Et finalement Vyâsa le grand compilateur recueillit toutes ces paroles et les organisa en textes : les védas. Vyasadeva est l'avatara écrivain. Il ajouta aux védas originels un recueil d'aphorismes où il révélait l'essence des védas. Ces recueils prirent le nom de Védanta sutras. Et dans ces védas les rishis créèrent six vedangas, parties comportant les clefs des vedas et parmi ces vedangas, le second vedanga représente les yeux du Vedapurusha soit l'astronomie et l'astrologie. En définitive l'origine de jyotish, l'astrologie, est divine. Brahmâ, le Démiurge, fut le premier, puis Surya le Soleil, puis seize autres. Ce qui nous donne la liste suivante :
1 Brahmâ, qui réside dans le monde spirituel et qui est l'aspect créateur de la Réalité suprême lorsque celle ci se manifeste, l'Absolu ou Réalité suprême étant le Brahman.
2 Surya, le deva - maître du Soleil.
3 Vashishta,
4 Manu,
5 Soma,

Troisième colonne
6 Lomasha,
7 Vyâsa,
8 Garga,
9 Bhrigu,
10 Naradan,
11 Parashara,
12 Shaonaka,
13 Atri,
14 Cyavana,
15 Anghiras,
16 Kasyapa,
17 Marici,
18 Pulastya.

Nous voyons que nous retrouvons dans cette liste, cette fois ordonnée, le "père fondateur de l'astrologie", dont parlent nos historiens à savoir Garga, mais qui fait suite à Vyâsa, le septième à partir de Brahmâ. Mais nous voyons aussi que Surya est la première manifestation de Brahman et en tant que tel il est le premier créateur de l'astrologie. Soleil est en effet marié à Conscience et est le symbole de la lumière et de la connaissance. Aussi rien d'étonnant à ce qu'un astrologue d'une part prenne le nom du soleil et d'autre part qu'il commence son livre sur l'astrologie par un hymne au Soleil, ce qui est d'ailleurs tout à fait classique, contrairement à ce que s'imagine l'auteur cité par Jacques Halbronn.
De la même manière le pandit Vishwanath Shastri s'il commence le premier volume d'astrologie Yotish par un hymne à Ganesh le dieu des astrologues, il commence son ouvrage Navagrahas (les neuf divinités planétaires) par un hymne au soleil, qu'il nomme Conscience suprême. Ce qui n'en fait pas pour autant un idolâtre ou un astrolâtre.
Garga est le fondateur de l'astrologie hindoue le plus connu parce qu'il nous est rapporté par des commentateurs d'ouvrages tardifs et qu'on lui attribue un texte la Gargasamhita ou Vriddhagargasamhita. Mais il s'agit d'un texte apocryphe ou tout au moins très

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